Blog d'informations et Le blog du Syndicat CGT du Centre Hospitalier de Port-Louis/Riantec
24 mars 2011 à 07h16 -
Carhaix sera bien le centre du monde cet été. Outre le Tour de France et les 20es Vieilles Charrues, la capitale du Poher accueillera, en juillet et août, toute une équipe de cinéma, Catherine Frot, Mathilde Seigner et Audrey Lamy en tête. Le film s'inspire directement de la lutte des Carhaisiens pour défendre leur hôpital.
Voir aussi :
> Retour sur la lutte des Carhaisiens pour défendre leur hôpital
Un audit commandé par les autorités sanitaires. Des conclusions qui préconisent la fermeture rapide de la maternité. L'histoire semble se répéter à Carhaix... Mais que les Centre-Bretons se rassurent:nul besoin de retourner brûler des pneus à Quimper.
Ici, la DRH chargée de la basse besogne n'est autre que Catherine Frot. Et celle qui mène la lutte a la gouaille de Mathilde Seigner, dont le franc-parler n'a rien à envier au caractère des Carhaisiennes... Cette fois, l'histoire n'a pas été écrite dans les bureaux de l'Agence régionale de santé mais de la main de Marie-Castille Mention-Scharr. Un nom méconnu du grand public mais pas du milieu du Septième art: elle était la scénariste et productrice de «La première étoile», film de Lucien Jean-Baptiste sur lequel personne ne misait et qui avait affolé le box-office. Cette fois, elle signe non seulement le scénario mais assure également la réalisation et la production de ce «Bowling», attendu dans les salles courant 2012.
«Le pot de terre contre le pot de fer»
Malgré des racines bretonnes («père né à Lanester, grands-parents de Roscoff»), Marie-Castille Mention-Scharr n'avait pas suivi le long combat des Carhaisiens, au printemps 2008. C'est un reportage télé qui lui a mis la puce à l'oreille: «J'adore les histoires de pot de terre contre le pot de fer, de ces gens qui entrent en résistance alors que tout semble perdu».
De cette histoire, elle a souhaité tirer une «comédie sociale. Quelque chose de populaire et d'humain, pas simplement un film de manif». À l'automne dernier, elle est donc partie à la rencontre des acteurs de ce combat. Entendre «ce sentiment d'injustice qui fait que, d'un coup, des gens se lèvent et entrent en résistance alors que ce n'est pas leur culture».
«Pas le temps» pour la nostalgie
Parmi ces «résistants» figurait Marie-Laure Guillou. Il y a trois ans, «pas syndiquée, pas engagée politiquement», elle chantait Carhaix Résistance, de Rennes à Morlaix. «Pas pour nous mais pour réagir face au désarroi des usagers de l'hôpital». Aujourd'hui, elle tombe des nues: «Je pensais que l'idée lui était passée! Si notre histoire l'a suffisamment touchée, c'est bien, ça laissera une belle trace.
Même si elle sera sans doute romancée». Pas question pour autant de postuler à une figuration. «Je n'ai pas envie de repartir dans tout ça. Car c'était quand même un sacré engagement.Pendant des mois, on n'a fait que ça. Aujourd'hui, à l'hôpital on n'en parle plus beaucoup. On a des projets, trop de travail, et c'est ce qu'on voulait».
Des retombées pour la ville
Christian Troadec, lui, ne sait pas encore qui l'incarnera à l'écran. Mais il se félicite déjà de cette opportunité offerte pour «mettre la ville à l'honneur». Sans rêver à un effet Ch'tis, le maire de Carhaix espère des retombées sur le tourisme du territoire. «Et avec une équipe de 50 à 60 personnes sur place pendant deux mois, la production parle de 800.000euros injectés dans l'économie locale». Si les discussions pour les autorisations de tournage n'ont pas encore débuté, l'élu veut être fidèle au sens de l'accueil des Centre-Bretons: «S'ils ont besoin de notre catapulte ou de pneus pour une reconstitution à Quimper, on saura s'arranger!».
Source Le Télégramme