Blog d'informations et Le blog du Syndicat CGT du Centre Hospitalier de Port-Louis/Riantec
Hôpital. « Avis de tempête » sur la chirurgie.
Marceline Sévérac, Michelle Bariou et Josiane Hoareau, déléguées CGT, craignent une disparition de la chirurgie à Douarnenez.
Beaucoup de craintes concernant l'avenir de la chirurgie à Douarnenez. Le syndicat CGT monte en ligne et parle d'un risque de fermeture qui « impacterait toute l'activité hospitalière ».
« Décidément, l'année 2014 commence bien ». C'est avec ironie que la secrétaire CGT de l'hôpital, Marceline Sévérac, résumait la situation hier. Une situation « qui inquiète beaucoup car la pérennité du service de chirurgie est vraiment engagée », poursuivaient Josiane Hoareau et Michelle Bariou, déléguées CGT. Pour le syndicat : « Si la chirurgie disparaît de Douarnenez, d'autres services seront nécessairement touchés ».
Réductions des opérations
« La nouvelle organisation avec l'union hospitalière de Cornouaille, au 1er janvier 2014, signifie que nous passons maintenant à trois jours d'opérations sous anesthésie générale contre cinq en septembre dernier. Nous avions déjà tiré la sonnette d'alarme (Le Télégramme du 19 septembre 2013) », poursuit la CGT, qui parle « d'une baisse de l'offre de proximité ». « Depuis le début de l'année, des interventions qui devaient avoir lieu à Douarnenez ont été annulées et reprogrammées à Quimper ». Et déjà, « en mauvais signe », « la stérilisation des appareils ne se fait plus à Douarnenez mais à Quimper avec une navette deux fois par jour ». « Inquiétant pour l'avenir ».
« Sécurité ou confort ? »
« Le problème est que les médecins anesthésistes ont décidé, en décembre, que certaines opérations - comme la mise en place de prothèses - ne pouvaient plus se faire à Douarnenez », poursuivent les déléguées CGT. « Les médecins qui travaillent aussi à l'hôpital de Quimper invoquent des questions de sécurité des patients. On ne peut rien face à l'argument de sécurité mais on pense aussi que c'est une question de confort pour eux et qu'ils préfèrent simplement opérer à Quimper plutôt qu'à Douarnenez », regrette encore le syndicat. Pour Marceline Sévérac, « la solution serait l'embauche à temps complet d'un médecin anesthésiste à Douarnenez ».
« C'est le secteurp rivé qui en profite »
Au final, les déléguées redoutent « la fermeture du bloc et toutes les conséquences pour l'hôpital de Douarnenez qui deviendrait un hôpital spécialisé en gériatrie ». Pas d'échéances mais Marceline Sévérac souligne que, « en 2013, la baisse de l'activité du bloc a entraîné une baisse de 11 % des recettes (285.000 €) par rapport à 2012. Comme l'activité du bloc va encore baisser en 2014, l'Agence régionale de santé (ARS) va pouvoir dire que Doua
rnenez perd trop d'argent et qu'il est préférable de fermer le bloc »... « Impensable ! ». « L'ARS voudrait que l'on développe l'ambulatoire mais c'est l'activité la moins rentable », souligne encore la CGT.
De plus, le syndicat estime que « la réduction de la chirurgie à Douarnenez risque de profiter au secteur privé et pas à l'hôpital public de Quimper ». Déjà, « la polyclinique privée de Quimper a vu son nombre de poses de prothèses exploser depuis que Pont-l'Abbé a fermé sa chirurgie ».La CGT espère une « vraie mobilisation ». Les candidats aux municipales ont été interpellés sur cette question et l'association des usagers se mobilise. « On sait que le directeur de l'ARS vient à Quimper vendredi prochain et nous lui avons demandé un rendez-vous ». Pour défendre l'hôpital de Douarnenez et sans doute le prévenir d'un « avis de tempête au bloc opératoire de Douarnenez ».
Hubert Orione
« Un hôpital qui se développe », souligne le directeur
« Le bloc reste ouvert cinq jours avec une concentration de trois jours pour les anesthésies générales et de deux jours pour les opérations sous anesthésies locales », indique Francis Bruneau, directeur de l'hôpital. Il assure qu'il n'y aura pas de perte d'activité et parle « d'une reconcentration des moyens humains et techniques pour une optimisation du service du bloc ».Le directeur comprend également « l'émotion » suscitée par cette modification du fonctionnement du bloc. Une émotion jugée « excessive » et surtout « provoquée par la décision tardive des médecins anesthésistes. Ces médecins ont émis des réserves quant au suivi postopératoire de 10 % des opérations effectuées à Douarnenez. Des réserves liées, par exemple, aux astreintes des services de nuit ». Enfin, concernant l'impact financier et la perte de recettes du bloc en 2013 et attendue pour 2014 : « Nous cherchons des solutions mais il est déjà acté qu'une perte de recettes serait compensée », répond Francis Bruneau.
« Un hôpital solide »
Le directeur souligne surtout que « l'hôpital de Douarnenez est un établissement solide et bien ancré sur son territoire ». Un hôpital public qui « se développe avec, par exemple, l'accueil de onze médecins nouveaux depuis quinze mois ». Il note aussi que « l'hôpital développe la chirurgie ambulatoire (courts séjours) et c'est ce que souhaitent les patients ». « Il faut consolider les choses et ne pas oublier que l'hôpital de Douarnenez développe de nouveaux services et se développe ».
Source Le télégramme