Blog d'informations et Le blog du Syndicat CGT du Centre Hospitalier de Port-Louis/Riantec
Le syndicat CGT de l'EPSM (établissement public de santé mentale) de Saint-Avé menait ce jeudi après-midi une assemblée générale extraordinaire suivie par une centaine de salariés. La raison de ce rassemblement : le déficit annoncé de 940 000 €. Les craintes sont nombreuses. D'abord en terme de service à la population, mais aussi salariale, notamment sur les RTT.Le déficit de l'EPSM se creuse depuis que l'Agence régionale de santé a bloqué au même montant la dotation financière depuis deux ans, alors que les années antérieures était appliqué un taux directeur d'augmentation de 2 ou 3 %. Une situation que reconnaît la direction qui dit avoir pris des mesures drastiques d'économie pour faire face. Mais aucun licenciement, réaffirme le directeur, Patrick Gras. La fermeture de 70 lits est programmée d'ici cinq ans et le mouvement devrait s'accélérer pour combler le manque à gagner financier.
SOURCE OUEST-FRANCE
EPSM. Inquiétudes face aux mesures prises pour faire face au déficit
À la fin de l'assemblée générale, une partie des agents se sont rassemblés devant le bâtiment de la direction.. Une centaine d'agents de l'EPSM (Établissements public de santé mentale) se sont retrouvés en assemblée générale, hier. Ils s'inquiètent face aux restrictions budgétaires engagées par la direction pour rétablir l'équilibre financier de l'établissement.
Le directeur de l'EPSM, Patrick Gras, le confirme, en 2013 déjà, l'établissement de santé mentale de Saint-Avé a accusé un déficit de 248.000 €. « L'Agence Régionale de Santé (*) nous a indiqué que notre dotation ne serait pas augmentée pour 2014. Il y a donc une tension au niveau budgétaire : si on ne fait rien cette année, le déficit sera de 900.000 € », explique Patrick Gras. Il indique donc que des mesures sont prises pour limiter le déficit à 500.000 € en 2014, « avec l'objectif d'atteindre l'équilibre pour 2015-2016 ».
Accélération du projet médical et baisse de la masse salariale
« Nous avons cherché des solutions sans qu'il y ait de casse sociale. On peut répondre aux besoins en nous organisant autrement », précise le directeur. Une réorganisation était déjà envisagée à travers le nouveau projet médical d'établissement, validé en 2013. « Nous allons accélérer sa mise en place, l'objectif étant de développer les prises en charge en ambulatoire et en hôpital de jour. Il est ainsi prévu de fermer 70 lits en cinq ans sur les 377 que compte actuellement la psychiatrie générale. Vingt lits supprimés seront transformés en places d'hospitalisation de jour. Une transformation qui répond à des besoins, car on est dans une logique qui vise à multiplier les dispositifs pour mieux s'adapter aux besoins particuliers ». Le directeur explique aussi qu'il va « réduire la masse salariale en ne licenciant personne : nous allons moins remplacer et geler quatre postes vacants ». Par ailleurs, des économies logistiques devraient permettre de trouver 90.000 €.
« Hôpital en lutte »
Les représentants syndicaux de la CGT s'inquiètent. « Ces mesures auront des répercussions sur le personnel et sur les patients. Au niveau du personnel : baisse des effectifs, diminution des remplacements et recours à l'auto-remplacement. On nous a également annoncé la mise en place de renégociations des RTT. Pour le patient : on accélère la mise en place du projet médical avec la fermeture d'unités, transformation des modalités d'hospitalisation, regroupement de Centres psychothérapiques pour enfants et adolescents, facturation des chambres particulières, facturation du ticket modérateur pour les consultations médicales réalisées en ambulatoire ». « Déjà, nous étions contre le projet médical d'établissement car, pour nous, c'est un projet économique qui, contrairement à ce qui est dit, ne met pas le patient au centre des décisions », souligne un représentant de la CGT. Patrick Gras répond être « attentif à ne pas mettre en place des mesures qui ne donneraient pas accès aux soins à tous. Les mesures sont mises en oeuvre avec toutes les garanties que ça ne pénalise pas le patient ». Quant aux RTT, il explique qu'il « ne veut pas les supprimer. Les renégocier n'est pas une priorité, on pense qu'il y a des économies à faire ailleurs ». Hier après-midi, la CGT, qui n'a pas été rejoint par la CFDT (syndicat majoritaire à l'EPSM), a réuni une centaine de personnes sur les 1.400 agents de l'établissement qui reçoit 16.000 patients par an. Ils ont voté à l'unanimité « pour être un hôpital en lutte, et contre les restrictions budgétaires, estimant que seule la mobilisation pourra permettre d'être entendu par l'ARS ». (*) ARS
SOURCE LE TELEGRAMME