Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Blog d'informations et Le blog du Syndicat CGT du Centre Hospitalier de Port-Louis/Riantec

Publicité

Deux suicides et un accident d'urgentistes en trois jours. Pourquoi ?

Deux suicides et un accident d'urgentistes en trois jours. Pourquoi ?

Clotilde Cadu - Marianne | Samedi 9 Juillet 2011 à 12:01

Cadences infernales et recherche de l’efficience à tout crin créent un véritable malaise dans les établissements de santé. De plus en plus de soignants souffrent d’épuisement professionnel. Le suicide d’un interne cette semaine en est la terrible démonstration.


Trois morts en trois jours. Le constat est effroyable. En moins d’une semaine, l’hôpital public  a été endeuillé à trois reprises : ce mardi, un interne des urgences de Rouen mettait fin à ses jours. Un peu plus tôt, un urgentiste de Mende se tuait accidentellement en rentrant de garde tandis qu’un infirmier se suicidait dans le Nord de la France. « C’est le chaos total », déplore Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France (AMUF). « Je n’ai jamais vu autant de souffrance au travail, les cadences dans les hôpitaux sont infernales. Dans certains établissements, c’est devenu la Corée du Nord ! Les gardes ne sont même plus toujours payées ! », poursuit l’urgentiste, qui a lancé un cri d’alerte cette semaine. 

Son but : briser le tabou qui entoure les suicides de médecins à l’hôpital. « Le cabinet de Xavier Bertrand nous en a empêché d’en parler », assure Pelloux. Pourtant, le phénomène est bien réel. Depuis  quelques temps, le burn-out frappe de plein fouet l’hôpital, autant dans les rangs des médecins que dans ceux des personnels non-médicaux. D’après un sondage du Groupe Pasteur Mutualité, 86% des soignants estiment avoir besoin d’un soutien psychologique et médical. La faute à un échec patent de la médecine du travail dans les établissements de santé et aussi – surtout – à la politique de restriction  budgétaire qui règne dans les hôpitaux depuis la mise en place de la tarification à l’activité (T2A) et à l’instauration de la loi Hôpital, Patients, Santé, Territoires (HPST, aussi connue sous le nom de loi Bachelot). 

Pour retrouver l’équilibre financier, les directions des centres hospitaliers n’hésitent plus à tailler dans le vif des effectifs. En trois ans, 45.000 emplois ont ainsi été supprimés dans la fonction hospitalière publique, selon la Fédération hospitalière de France (FHF). Dans un document interne, la direction de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) détaille ses orientations pour les années à venir : pour atteindre les objectifs de retour à l’équilibre financier, il faudra supprimer 3.500 postes non médicaux entre 2011 et 2014. Et d’ajouter une remarque pour le moins cynique : « Cette évolution de l’emploi sera favorisée par un turn-over élevé (en moyenne 11%, mais qui est bien entendu hétérogène selon les métiers) ». Le document précise également que l’institution hospitalière doit 1,26 million de jours de repos à son personnel, soit 17,6 jours par agent. 

« La médecine doit redevenir humaniste », plaide Patrick Pelloux, en échos à un rapport récent de l’Académie de médecine sur le même thème. Vues les orientations actuelles en matière de politique hospitalière, il semblerait malheureusement que cela ne soit pas à l’ordre du jour.
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article