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"Le management ne se rend pas compte des souffrances qu'il crée", a estimé jeudi sur Europe 1 un médecin du travail.
Le sujet est revenu de façon dramatique sur le devant de la scène avec la série de suicides chez France Télécom. 24 en 18 mois. Mais le stress au travail, c’est "dans toutes les branches professionnelles, dans toutes les entreprises", a résumé jeudi sur Europe 1 Bernard Salengro, un médecin du travail.
Pour 52% des salariés français, le travail représente des "contacts humains". Un chiffre qui ne cesse de diminuer alors que les thèmes de "routine" et de "contrainte", eux, montent, selon un sondage TNS Sofres-Eurogroup. "Les Anglo-Saxons ont un rapport utilitariste à leur emploi. Pour eux, c’est avant tout un gagne-pain. Pour les Français, c’est bien plus passionnel", analyse Eric Chauvet, le directeur-adjoint de TNS-Sofres, dans les colonnes du Nouvel Observateur qui consacre un dossier au stress au travail cette semaine.
A la question "ai-je confiance dans l’équipe dirigeante ?", 52% des salariés français répondent "oui", un chiffre en baisse. A titre de comparaison, aux Etats-Unis, il atteint 77%. "Le management ne se rend pas compte des souffrances qu’il crée", met en garde le médecin du travail Bernard Salengro. Les salariés ne réagissent pas tous de la même façon au stress. "Plus vous êtes investi dans votre travail, plus vous êtes fragilisé et c’est ça le drame : le stress au travail fait souffrir ceux qui font le jeu de l’entreprise", explique Bernard Salengro.
Comment réagir quand le travail devient souffrance ? En parlant, conseille Bernard Salengro. "Il faut prendre de la distance pour s’apercevoir qu’on n’est pas individuellement responsable de la situation", explique-t-il. Les collègues ou le médecin du travail peuvent ainsi être les premiers interlocuteurs pour éviter que la situation ne se détériore encore. (Source Europe 1)