Blog d'informations et Le blog du Syndicat CGT du Centre Hospitalier de Port-Louis/Riantec
Ce matin, mardi 16 juin 2009, les représentants syndicaux de la fonderie SBFM de Caudan (56) ont découvert le plan proposé par l'unique repreneur déclaré : le groupe espagnol CIE Automotive. Jugé "inacceptable en l'état", ce document propose de conserver entre 320 et 370 salariés sur les 538 actuellement employés.
Le groupe espagnol CIE Automotive est le seul à avoir déposé une proposition de reprise de la fonderie de Caudan, la SBFM. Le tribunal de commerce de Lyon a enregistré ce dossier vers 22 h hier soir.
Site occupé
Ce matin, à la lecture des conditions émises par ce groupe industriel installé à Bilbao, les salariés de la SBFM se sont réunis en assemblée générale. Ils ont immédiatement voté pour l'occupation du site et son blocage. Le service des expéditions a été le premier à être bloqué.
Un "plan de non reprise"
Pour les représentants syndicaux, ce plan est jugé "inacceptable en l'état." Pierre Le Ménahès, délégué CGT le qualifie de "plan de non reprise". A 14 h, une nouvelle assemblée générale du personnel s'est tenu dans le réfectoire de l'entreprise. Quelque 150 salariés et sympathisants de la SBFM se sont ensuite rendus à Lorient pour manifester leur mécontentement devant la sous-préfecture. Feu de pneus et pêtards devant les grilles... avant de prendre la direction de la mairie pour interpeller le premier magistrat de la ville.
Une table ronde sans délai
Les salariés de la SBFM ont ensuite été reçu par le sous-préfet. Qu'ont-ils demandé aux autorités locales ? L'organisation immédiate d'une table ronde réunissant tous les acteurs du dossier.
17 juin 2009
Le 30 juin, le tribunal de commerce de Lyon doit acepter ou non les offres de reprises de la fonderie SBFM, à Caudan, faites par le groupe espagnol CIE Automotive. Les exigences sont jugées au Pays de Lorient, comme inacceptables.
Hier matin, à la lecture des conditions suspensives à la reprise de la SBFM émises par le fondeur espagnol, l'ensemble du personnel a arrêté le travail. L'usine est bloquée et occupée. Dans 15 jours, le sort des 538 salariés sera scellé. Les syndicats, CGT et CGC, réclament une table ronde. Mais le temps presse et les exigences du repreneur semblent insurmontables.
Inquiétude depuis octobre2008
Cela fait des mois que l'incertitude plane sur l'avenir de cette fonderie longtemps propriété du groupe Renault. Au mois d'octobre, le préfet du Morbihan avait décidé de mettre en place une cellule de suivi pour «favoriser la reprise du dialogue social.» À l'époque, en grande difficulté financière, la SBFM était intégrée au groupe italien Zen. La CGT craignait un plan social. Depuis, la situation n'a fait qu'empirer. Le groupe Zen a été liquidé par le tribunal de commerce de Lyon. L'actionnaire unique de la SBFM a été écarté de l'entreprise par ce même tribunal alors qu'il proposait, en février, un plan social de 237 licenciements et le transfert d'une activité vers l'entreprise New Fabri à Châtellerault (en liquidation judiciaire depuis lundi: 370 salariés concernés). Le tribunal de commerce de Lyon et la mobilisation du Pays de Lorient comme des politiques et des pouvoirs publics ont permis de passer le cap.
Une seule offre jugée inacceptable
Aujourd'hui, l'entreprise est au pied du mur. Le groupe Zen n'existe plus. Un seul industriel a fait une offre de reprise: CIE Automotive. Mais les conditions suspensives à la reprise ne sont pas acceptées par le personnel. Les Espagnols exigent un volume de production de 50.000 tonnes avec augmentation du prix des pièces de 10% jusqu'en 2011. Aujourd'hui, la SBFM ne produit que 30.000 tonnes annuellement et Renault s'est engagé pour un volume dépassant à peine les 20.000 tonnes. L'entreprise est jugée non viable à 30.000 tonnes. Ils proposent d'investir 21M€ sur le site, si les constructeurs et l'État font de même (21M€ chacun).
Un plan social
Pire, le repreneur prévoit de ne reprendre que 320 à 370 salariés sur les 538 et de faire participer les clients au plan social. Il souhaite renégocier un nouvel accord collectif avec le personnel et veut analyser le plan amiante dont pourraient bénéficier près de 150 salariés d'ici à 3 ans. «C'est pire qu'en février, a martelé hier Pierre Le Ménahès, délégué CGT. C'est un plan de non reprise de l'entreprise. Il nous reste 15 jours pour négocier...» L'action syndicale s'est engagée dès hier. L'occupation de l'usine s'est poursuivie par une manifestation dans les rues de Lorient (ci-dessus) et une rencontre à l'hôtel de ville comme à la sous-préfecture. Hier soir, des actions nocturnes étaient envisagées dans le Pays de Lorient. Leur souhait: qu'une table ronde entre tous les acteurs de la reprise se réunisse au plus tôt à Lorient.
Yves Guégan
17 juin 2009
«Il ne s'agit pas d'un projet de reprise, mais d'un plan de non reprise». L'ensemble du personnel de la SBFM a arrêté spontanément le travail, hier, à l'annonce des conditions émises par le groupe CIE Automotive pour la reprise de l'entreprise.
SBFM. Déception et colère. Arrêt de travail spontané
Feux de pneus en ville
La suite de la journée fut une succession d'assemblées générales et d'actions en ville. Après celles de la matinée, l'assemblée générale de 14h a été l'occasion pour PierreLeMénahès, représentant CGT, de faire le point. «Ce document n'est pas un projet de reprise. Ce n'est qu'un cahier d'exigences», a martelé le délégué syndical. «Rien ne peut être négocié. Nous ne pouvons que rejeter en bloc ces conditions qui sont inatteignables, que ce soit pour les constructeurs ou pour la SBFM. C'est même pire que ce que l'ancien actionnaire nous a proposé en février. Les pouvoirs publics et les politiques devront s'expliquer». «C'est étonnant de voir de telles exigences inatteignables, renchérit Patrick Pichon délégué CGC. Ce plan ne tient pas la route et, le 30juin, il sera trop tard pour négocier. D'ici là, aucun échéancier n'est proposé. Aucune réunion de CE n'est programmée».
Une table ronde réclamée
Les syndicats souhaitent une table ronde entre tous les acteurs concernés. C'est ce qu'ils sont venus dire, hier après-midi, au président de Cap l'Orient, Norbert Métairie et au sous-préfet, Denis L'abbé. En effet, vers 15h, à l'issue de cette assemblée générale, près de 300 salariés se sont rendus au centre-ville en cortège de voitures. Feux de pneus devant la sous-préfecture, pétards, tout y était. Vers 16h, le cortège s'est rendu à la mairie de Lorient. Pendant une vingtaine de minutes, une délégation a été reçue par Norbert Métairie. Pierre Le Ménahès en est ressorti peu convaincu. Peu après 17h, nouvelle réunion avec le sous-préfet, pendant près de 45 minutes. «Le sous-préfet a eu au moins la franchise de dire que ce plan était inacceptable», a simplement commenté Pierre Le Ménahès avant de proposer aux manifestants de se retrouver en assemblée générale à la SBFM: «Nous n'avons plus de temps à perdre. Nous devons décider des prochaines actions.Il faut obtenir une table ronde». Hier soir, la nuit s'annonçait mouvementée, le personnel envisageant de manifester devant les mairies de Caudan et de Plouay.
17 juin 2009 à 15h27
Au lendemain de l'annonce des conditions de reprise de l'entreprise émises par le groupe espagnol CIE Automotive, les actions du personnel se multiplient. L'usine est occupée et près de 200 manifestants ont fait une tournée des élus et pouvoirs publics ce matin.
A 10 h, ce matin, les manifestants de la SBFM se sont rassemblés devant les portes de la mairie de Caudan, Le Maire, Gérard Falquérho a proposé de recevoir une délégation qui a décliné l'offre. Depuis, le maire a écrit au premier ministre pour lui demander d'intervenir dans ce dossier.

SBFM. Vitres cassées à la préfecture de Vannes [Diapo].
Les employés de la SBFM ont brièvement occupé le centre-ville de Plouay ce matin.
Opération escargot
A 11 h, après une opération escargot sur l'axe Lorient-Roscoff, les manifestants se sont retrouvés sous les fenêtres du député maire de Plouay Jacques Le Nay. Siégeant à l'assemblée, il n'a pu recevoir la délégation qui a été accueillie par l'attaché parlementaire, Gwen Le Nay. Une heure plus tard, le centre-ville de Plouay était libéré.
Les manifestants brisent les fenêtres de la préfecture
Nouvelle assemblée générale à 14 h puis route vers Vannes où les manifestants sont arrivés vers 16 h devant les grilles de la préfecture. Là, la tension est montée d'un cran. Les manifestants ont allumé plusieurs feux de pneus et jeté des pièces de chaudronnerie dans la cour de l'établissement avant de briser des dizaines de vitres à l'aide de boulons. Le cortège, très remonté, vient d'arriver devant la mairie de Vannes.